C’est sans surprise que Jean-Pierre BLAZY a accueilli la décision du juge de convoquer des anciens cadres de la DGAC et d’Aérospatiale pour des interrogatoires de première comparution dans l’enquête sur l’accident du Concorde en 2000. En effet, quelques semaines après l’accident du supersonique le Député-Maire de Gonesse déclarait déjà que « le Concorde n’était plus ‘aéronautiquement’ aux normes ».
L’absence d’Air France dans la liste des personnes convoquées par le juge est néanmoins surprenante puisque la compagnie française était en charge de la maintenance de l’appareil et qu’elle ne pouvait pas ignorer les incidents similaires observés depuis 1979 sur le Concorde.
Il espère que la nomination d’un troisième juge d’instruction en cinq ans, l’évocation d’un placement des anciens cadres de la DGAC et d’Aérospatiale sous le régime de simple « témoin assisté » ainsi que l’ « oubli » d’Air France ne sont pas les signes avant-coureurs d’un dessaisissement du dossier par la justice.
Tant les familles de victimes que les habitants de Gonesse ne comprendraient pas que des mises en examen ne soient pas rapidement prononcées. Ces derniers qui s’étaient vu refuser le droit de se constituer partie civile par l’intermédiaire de la Ville de Gonesse au nom du préjudice moral subi – le supersonique s’était crashé à un kilomètre seulement du centre ville et d’un hôpital – espèrent être un jour reconnus comme victimes morales et principales populations exposées aux accidents aériens.
Le cinquième anniversaire de l’accident que nous avons célébré le 25 juillet dernier éclaire d’un jour différent le débat sur la sécurité aérienne. Cette tragédie nous rappelle tristement que les intérêts économiques et commerciaux ne devraient jamais être privilégiés au mépris de la sécurité aérienne comme cela a apparemment été le cas pendant des années avec le Concorde et comme cela semble être aujourd’hui encore le cas avec la publication d’une « liste noire » en trompe l’œil.
Jean-Pierre BLAZY veillera à ce que dans l’enquête sur l’accident du Concorde la justice ait les moyens de remonter toute la chaîne de responsabilités et que ni la force du mythe ni la logique économique ne s’immiscent dans les enjeux de sécurité aérienne.
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