Monsieur le Président de la
Commission d’enquête relative
au projet de PEB de
l’aérodrome Roissy-Charles-de-Gaulle
Préfecture de la Région d’Ile-de-France
Secrétariat Général aux Affaires régionales
29, rue Barbet de Jouy
75700 PARIS
Objet : Enquête publique PEB Roissy Charles-de-Gaulle
Monsieur le Président,
Après avoir consulté le dossier de révision du Plan d’Exposition au Bruit (PEB) de l’aérodrome Roissy-Charles-de-Gaulle, je vous soumets, par la présente, mes observations motivées contre ledit projet afin qu’elles soient annexées au registre d’enquête.
Je rejette ce projet de PEB car accepter cette révision c’est cautionner l’augmentation du trafic et l’augmentation du nombre de personnes exposées aux nuisances de jour comme de nuit.
J’observe que ce projet n’est pas sincère car il est fondé sur des hypothèses de trafic largement sous-estimées au regard de la croissance actuelle de l’aéroport. Le scénario à moyen terme correspond à un nombre de mouvements à l’horizon 2015 de 580 000 à 620 000, et à l’horizon 2025 de 620 000 à 680 000 mouvements, soit une croissance de 3% par an alors que tous les experts prévoient une croissance annuelle entre 5 et 6%. D’ailleurs, le trafic passagers pour l’année 2006 est en croissance de 6% alors que le trafic fret progresse de 7%. Ainsi, on enregistre déjà cette année environ 530 000 mouvements d’avions, soit 56 millions de passagers. L’état de saturation environnementale est constaté. Au-dessus de ma ville, c’est 1 500 vols quotidiens, soit en moyenne un vol toutes les 30 secondes aux heures de pointe et un toutes les trois minutes la nuit.
Une telle insincérité dans les prévisions de croissance du trafic me semble être de nature à faciliter l’acceptation par les populations riveraines d’un développement illimité de l’aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle à leur détriment.
Ce projet de PEB ne « préserve pas l’avenir » et ne « garantit pas la transparence de l’information » pour reprendre l’avis de l’Autorité de Contrôle des NUisances Sonores Aéroportuaires (ACNUSA) qui recommande que ce projet de PEB soit établi sur la base de 750 000 mouvements annuels. On sait que ce chiffre sera atteint dès 2015 avec une croissance moyenne de 5% par an.
Ainsi, je propose que le trafic de Roissy-Charles-de-Gaulle soit plafonné sur la base du nombre de mouvements annuel comme c’est le cas à Orly, dans une fourchette comprise entre 550 000 et 600 000 mouvements.
La deuxième raison qui motive mon opposition tient à l’extension du PEB. Celle-ci signifie qu’un nombre toujours plus important d’habitants sera directement touché par les nuisances sonores. En tant qu’élu, je suis attaché à ce que la population soumise au bruit des avions n’augmente pas et c’est pourquoi je défends le principe du PEB. Mais, je ne peux accepter que ces nuisances sonores et les contraintes urbanistiques qui leurs sont liées s’étendent à de nouvelles populations. Il s’agit de limiter le bruit et le trafic aérien de Roissy-Charles-de-Gaulle et de ne pas entraver le dynamisme de territoires déjà densément peuplés.
Il n’est pas acceptable que les habitants situés en zone C connaissent ce que j’appelle la « double peine » : subir les nuisances aériennes de jour comme de nuit et accepter le coût social lié à ce projet, c’est-à-dire la dévaluation de leur bien immobilier.
La situation économique et sociale de l’Est du Val d’Oise justifie que des efforts importants soient réalisés en faveur de la création de logements, de la réalisation d’équipements publics et de la requalification urbaine de nombreux quartiers. L’extension du PEB aurait pour conséquence directe de compliquer et souvent de rendre impossible la réalisation de certains de ces projets dont l’actualité montre tous les jours l’urgence de leur réalisation. Il faut précisément éviter le risque d’une spirale de la dégradation urbaine et de la paupérisation sociale de nos villes.
Pour ces raisons, je souhaite que vous annexiez au registre d’enquête publique mon avis défavorable relatif au projet de Plan d’Exposition au Bruit (PEB) de l’aérodrome Roissy-Charles-de-Gaulle.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes sentiments distingués.
Jean-Pierre BLAZY