27-05-2006
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A l’issue de la conférence
de presse du 22 mai 2006, les représentants d’une centaine d’associations antillo-guyanaises et réunionnaises ont présenté une motion
destinée aux différents candidats aux futures élections, affirmant leur
détermination à défendre ensemble la mémoire de leurs parents victimes de
l’esclavage.
Nous,
citoyens français descendants d’esclaves, compte tenu :
·
de l’histoire douloureuse de nos aïeux réduits en esclavage,
·
de la manière dont se sont constituées les sociétés
guadeloupéenne, guyanaise, martiniquaise et réunionnaise, victimes du crime
contre l’humanité que furent la traite transatlantique et l’esclavage,
·
de l’obligation morale que doit avoir la France, pays des Droits
de l’Homme, d’honorer la mémoire des victimes de la traite transatlantique et
de l’esclavage,
·
de la politique de l’oubli de l’esclavage instaurée dès 1848 et
pratiquée par tous les gouvernements de la République,
·
des effets dévastateurs de ces pratiques sur la mémoire et
l’identité des Français descendants d’esclaves, vivant en France hexagonale
comme dans les départements d’outre-mer,
·
que cette mémoire honteuse et cette errance identitaire n’ont pu
que favoriser une citoyenneté incomplète et pleine de ressentiment,
·
de la nécessité de reconstruire une citoyenneté basée sur le
respect mutuel et sur le partage de l’histoire des différentes composantes de
la Nation française,
nous exigeons
:
·
que la dignité de nos aïeux soit reconnue,
·
que le rappel de leur mémoire et la protection du souvenir qui
s’y rattache demeure de notre seule compétence,
·
que la Nation, en plus du 10 Mai, jour de commémoration de
l’abolition de l’esclavage, instaure, (à l’instar de ce qui est pratiqué pour
d’autres Français victimes de crimes contre l’humanité), une journée consacrée
à la mémoire des victimes de la traite transatlantique et de l’esclavage,
·
que ce jour soit le 23 Mai, date choisie par les associations de
français descendants d’esclaves, en souvenir du 23
mai 1998 où 40.000 d’entre eux défilant dans les rues de Paris,
mirent fin à la politique d’oubli de leurs aïeux,
·
que tous les candidats aux élections à venir, présidentielles,
législatives, municipales, régionales, et à toute autre consultation,
s’engagent à reconnaître le 23 mai comme jour du souvenir des victimes de
l’esclavage en terre française.
Paris le 22 mai 2006
La
Rédaction