
Transports en Ile-de-France :
Jean-Pierre Blazy opte pour l’apaisement
Le 29 mars dernier le Syndicat
des Transports d’Ile-de-France, autorité responsable de l’organisation et la
gestion des transports qui rassemble les huit départements et
Les députés ont examiné une
proposition de loi sénatoriale relative au fonctionnement du syndicat des
transports d’Ile-de-France (STIF). Cette proposition de loi visait à dégager un
compromis pour assurer le fonctionnement du STIF en revenant sur l’article 10
de la loi relative à la sécurité et au développement des transports promulguée
en janvier 2006.
La loi relative aux responsabilités
et libertés locales a décentralisé le STIF dont la gestion est revenue au
Conseil Régional. Mais le Gouvernement a opéré cette décentralisation sous la
forme de transfert massif des charges vers les collectivités. Dans le même
temps il n’y a eu aucune compensation financière pour ce transfert. Cette
défausse de l’Etat sur les collectivités aurait
donc pu remettre sérieusement en cause la qualité du service des
transports en Ile-de-France. C’est pour cela qu’en signe de protestation
Alors que la commission
consultative d’évaluation des charges présidées par Jean-Pierre Fourcade avait
dégagé la possibilité d’un accord et alors que l’Etat s’était engagé à verser
400 millions d’euros supplémentaires de compensation pour le matériel roulant,
un amendement de Patrick Devedjian
introduit lors des débats est venu ruiner toute chance de compromis. Le but de
cette manoeuvre était de créer une minorité de
blocage au profit de collectivités locales pourtant minoritairement contributrices.
Cet amendement, en permettant un
blocage par la minorité de droite à
A cette manoeuvre
Jean-Paul Huchon a été contraint de répondre par la menace d’une modification
du règlement intérieur du STIF : désigner les membres du Conseil
d’Administration au scrutin majoritaire pourrait être la solution au blocage de
la droite.
La majorité UMP a donc tenté de
réparer cette erreur en proposant un
nouveau dispositif après avoir pourtant refusé de revenir sur l’amendement
Devedjian lors de l’examen au Sénat du projet de loi sécurité et développement
des transports. Cette stratégie calamiteuse semblerait bien ridicule s’il n’y
avait pas des enjeux considérables : un budget de 4 milliards d’euros et la vie
quotidienne de quelques 12 millions de Franciliens dont 1 million de Val d’Oisiens.
Ainsi, le nouveau dispositif
proposé instaure le principe de la majorité absolue mais n’est pas satisfaisant
: il prévoit la possibilité d’une dérogation
à la demande d’un représentant qui invoquerait « l’intérêt majeur » de
sa collectivité. Dans ce cas une seconde délibération pourrait avoir lieu et
cette demande serait votée à la majorité des deux tiers : la délibération
ferait aussi l’objet d’un vote aux deux tiers (cette décision sera
applicable jusqu’en 2013). Jean-Pierre
Blazy juge cette notion d’intérêt
majeur inacceptable car elle est floue
et sa portée juridique aléatoire. En cela cette notion est critiquable et
indéfendable.
Il aura donc finalement fallu
l’adoption par le Parlement de cette
proposition de loi établissant un nouveau compromis sur les modalités de
vote au sein du STIF pour sortir celui-ci de la crise. D’abord motivé par
l’intérêt des Franciliens, c’est dans
cet état d’esprit que Jean-Pierre Blazy ne s’est pas opposé, tout comme ses
collègues, à l’adoption de ce texte, préférant jouer la carte de l’apaisement à
celle de l’envenimement d’une situation déjà bloquée par la droite
gouvernementale.
En effet la gestion du STIF ne
sera réellement satisfaisante que lorsque la question des compensations
financières sera réglée définitivement. Les 400 millions promis par l’Etat pour
la rénovation du matériel roulant ne
sont pas encore au rendez-vous et on ne sait toujours pas comment sera
organisée leur distribution.
C’est seulement quand le problème
des compensations financières sera définitivement résolu que le STIF pourra
fonctionner efficacement et que la majorité régionale pourra assurer sa libre
administration. Les besoins sont énormes, il faut aux Franciliens une offre de
transports fiable, sûre, fréquente et accessible.
En 2006 le STIF consacrera un
effort au renforcement de l'offre de transport en Ile-de-France, notamment dans
le Val d’Oise. Sont ainsi prévus 74 M€ supplémentaires, réservés notamment au
renforcement du réseau de nuit et du réseau de bus de jour.
En 2007 s’achèvera la phase de
rénovation de 150 trains alors qu’un deuxième programme de rénovation de trains
est à l’étude. Est également prévue dès la fin 2006 la rénovation
"confort" de 127 trains circulant notamment sur les lignes C et D du
RER et les réseaux de Paris-Nord. Les améliorations porteraient également sur
la ventilation réfrigérée, la vidéosurveillance embarquée, l’information sonore
et visuelle à bord.