
Juillet 2006 numéro 60
Lutte contre la délinquance :
le pari perdu de Nicolas Sarkozy
« Nous avons pris la
mesure du phénomène de la délinquance qui aujourd'hui n'épargne plus une seule
région de France, plus une seule catégorie de
Voilà
ce que Nicolas Sarkozy affirmait devant l’Assemblée nationale le 16 juillet
2002. Il y a quatre ans, Nicolas Sarkozy disait que la prévention ne
fonctionnait pas et qu’il fallait passer à autre chose. Près de quatre ans plus
tard et déjà en campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy a tenté lors de sa
conférence de presse du 8 juin 2006 dernier de masquer son échec dans la lutte
contre la délinquance au travers d'une habile présentation des chiffres. Le
ministre de l'Intérieur veut nous faire croire que la délinquance baisse et que
le taux d'élucidation n'a jamais été aussi élevé qu'aujourd'hui. Mais il a fait
monter ce taux avec les chiffres concernant l'usage des stupéfiants et les
infractions à l'entrée et au séjour des étrangers où l’on constate plus de
faits élucidés que de faits constatés.
L'autosatisfaction
affichée par le ministre de l'Intérieur tranche avec la réalité que tous les
Français connaissent. Les violences aux personnes connaissent un pic sans
précédent : une hausse de 12.45% depuis 2002, de l'aveu même du ministre, et de
8% sur les douze derniers mois selon l'Observatoire national de la délinquance.
Autre
phénomène inquiétant : Nicolas Sarkozy a échoué à lutter contre la délinquance
des mineurs. Le nombre de mineurs mis en cause augmente constamment : 5% en
plus entre 2004 et 2005. Les Renseignements Généraux dressent le constat
inquiétant
d'une hausse de 73.2% des armes en milieu scolaire entre les années scolaires
2003-2004 et 2004-2005.
Préférant
ne pas assumer la réalité dérangeante de son bilan, Nicolas Sarkozy n'a de
cesse de renvoyer à l'action de la gauche accusée de laxisme et d'angélisme en
matière de sécurité. Outre le pic de la délinquance au-delà des quatre millions
de faits constatés lors des années 2001 et 2002, 3 771 849 crimes et
délits avaient pourtant été constatés en 2000, contre 3 775 838 en 2005 :
Nicolas Sarkozy n'a pas fait mieux que la Gauche dans le domaine de
Les statistiques dont nous disposons sont
d’autant plus inquiétantes qu'un récent rapport de trois inspections générales
indique que les chiffres de la délinquance seraient sous-estimés de 13%, en raison
des pressions exercées sur les services en matière de statistiques de
Le
vrai bilan de Nicolas Sarkozy, c'est le démantèlement de la police de proximité
et un fossé toujours plus grand qui se creuse entre la police et les citoyens.
De plus le malaise des policiers face aux nouvelles réalités de la délinquance
s’aggrave. Nous avons connu en novembre dernier des violences urbaines
inédites. Il ne suffit pas de multiplier les lois et de jouer les marchands
d'illusions. Les moyens ne sont certainement pas au rendez-vous et les
effectifs ne sont pas adaptés aux réalités des territoires de
Nous
payons aujourd'hui l'abandon de toute politique de prévention engagé pour
La
réalité de ses résultats devrait l’amener a plus de modestie, le mouvement de
baisse générale de la délinquance s’est significativement ralenti pour 2005 :
le nombre de faits a baissé de 1.3% en 2005, soit beaucoup moins que les années
précédentes. Après 4 ans de gouvernement UMP la délinquance reste à des niveaux
très élevés et extrêmement préoccupants. Ce sont de bien piètres résultats pour
un ministre de l’Intérieur qui a fait de
la sécurité sa première priorité.
Le ministre de l’Intérieur n’était pas
crédible quand il annonçait pour les prochaines semaines un projet de loi sur
la prévention de la délinquance attendu depuis pourtant 4 ans ! Il aura fallu des émeutes urbaines
sans précédent pour qu’il redécouvre enfin la prévention totalement éludée dans
l’action gouvernementale sans doute parce qu’elle ne se met pas en scène.
Le
17
En
revanche, il n'avoue pas aux Français que seulement 10 % des vols violents et
des cambriolages sont élucidés. Ce sont des réalités qui ne trompent pas nos
concitoyens qui les subissent.
II
faut être clair : les effets d'annonce toujours très médiatisés de Nicolas
Sarkozy ne suffisent pas à enrayer une délinquance toujours plus violente. Les
Français ont toujours autant besoin de sécurité. La présentation de son plan de
prévention début juin de la délinquance, en présence de la presse, s'est
surtout apparentée à une opération de communication. Il avait alors déclaré : «
Le problème de la violence existe au
quotidien pour des centaines de milliers de nos concitoyens. ». Belle
analyse pour un homme ministre depuis 4 ans !
La
réalité, c'est près de 420 000 faits constatés de violences physiques aux
personnes sur les douze derniers mois, soit une hausse de 8 % par rapport à
l'année précédente. Nicolas Sarkozy ne reconnaît pas la réalité de ces chiffres
qui traduisent l'échec de sa politique et ne s’est à ce jour pas expliqué sur
la hausse continue des violences aux personnes. Il n’est qu’à voir les
statistiques en la matière sur le site de l’observatoire national de la
délinquance pour constater son échec dans la lutte contre l’insécurité.
http://www.inhes.interieur.gouv.fr/L-OND-6.html