
Le 9 novembre 2006
COMMUNIQUÉ DE PRESSE DE
JEAN-PIERRE BLAZY
Député-Maire
de Gonesse
Accident
du Mont Saint-Odile :
« Ce
procès est historique par la durée de la procédure.
Il est
temps de renforcer les moyens de la Justice lors d’accidents collectifs dans
les transports, en particulier lors les catastrophes aériennes »
Jean-Pierre BLAZY est député du Val d’Oise et maire de
Gonesse
Membre de la mission parlementaire d'information
sur la sécurité du transport aérien de voyageurs
Président de l’association Ville et Aéroports
C’est
après 14 ans et presque 10 mois de procédure que le tribunal
correctionnel de Colmar a prononcé la relaxe des six prévenus poursuivis après
le crash du Mont Sainte-Odile.
Pour
Jean-Pierre BLAZY, ce procès est malheureusement historique par la durée de
la procédure judiciaire. Il est aujourd’hui temps d’agir résolument pour
renforcer les moyens de la Justice lors d’accidents collectifs dans les
transports, en particulier dans les catastrophes aériennes.
La
tenue d'un procès est un élément décisif pour les victimes et leurs proches,
attendue avec espoir et émotion. Elle leur permet bien souvent d'aider à
surmonter le traumatisme de l'accident ou de la perte d'une personne aimée.
C’est
la raison pour laquelle, Odile SAUGUES, députée du Puy-de-Dôme,
(également Présidente de la mission parlementaire d'information sur la sécurité
du transport aérien de voyageurs et rapporteure pour avis du budget du
transport aérien et du budget annexe de l'aviation civile), Jean-Pierre BLAZY
et l’ensemble du Groupe socialiste de l’Assemblée nationale ont déposé,
avec le soutien de la FIVAA (Fédération Internationale des Victimes d’Accidents
Aériens), une proposition de loi relative au renforcement des moyens de la
justice.
L’objet
de cette proposition de loi est la création d’un pôle de magistrats
spécialisés, sur le modèle des pôles économiques et financiers, compétent
pour traiter des catastrophes aériennes ou des accidents dans les transports
impliquant un grand nombre de victimes.
Contact presse : Nicolas MORERE : 01 34 45 11 07 – 06
13 93 22 74
N° 3228
ASSEMBLÉE NATIONALE
CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE
1958
DOUZIÈME LÉGISLATURE
Enregistré à la
Présidence de l'Assemblée nationale le 28 juin 2006.
PROPOSITION DE LOI
relative au renforcement des moyens de la justice
en cas de catastrophe
humaine liée aux transports,
(Renvoyée à la commission
des lois constitutionnelles, de la législation et de l'administration
générale de la République, à défaut de constitution d'une commission spéciale
dans les délais
prévus par les articles 30 et 31 du Règlement.)
PRÉSENTÉE
par M. Jean-Pierre BLAZY
et Mme Odile SAUGUES
Députés.
EXPOSÉ DES MOTIFS
Mesdames, Messieurs,
Le 25 juillet
Ces trois catastrophes humaines
rappellent à la fois le caractère dramatique des accidents qui interviennent
dans les transports et les difficultés de la Justice à établir la vérité dans
des délais raisonnables.
La tenue d'un procès est un élément décisif pour les
victimes et leurs proches, attendue avec espoir et émotion. Elle leur permet bien
souvent d'aider à surmonter le traumatisme de l'accident ou de la perte d'une
personne aimée.
Or, la complexité technique, le nombre
d'acteurs impliqués, l'importance des intérêts en jeu ou parfois
l'extraterritorialité de l'accident rendent le travail de la Justice long et
délicat.
Il est donc juste que, lorsque survient
une catastrophe d'ampleur exceptionnelle en raison de l'importance des pertes
humaines qu'elle provoque, la Justice consacre des moyens permettant
l'instruction et le jugement de ces affaires dans les meilleurs délais,
c'est-à-dire dans des délais raisonnables et compatibles avec la souffrance du
grand nombre de personnes impliquées. En tout état de cause, ces délais doivent
être aujourd'hui raccourcis.
L’exigence d’un jugement rendu dans des délais plus
courts répond à celle de l’amélioration de la sécurité dans les transports. Les
conclusions relatives aux causes des accidents doivent permettre des avancées
techniques et une meilleure compréhension des erreurs humaines afin d’éviter la
reproduction du même événement.
Par ailleurs cette exigence répond aux
obligations internationales de
Les catastrophes humaines n'étant
malheureusement pas rares dans le domaine des transports, cette proposition de
loi a pour objectif de renforcer les moyens de la Justice pour accélérer
l'instruction et le jugement des accidents, dans ce secteur, dont le caractère
exceptionnel dû au nombre important de victimes nécessite la mise à disposition
de moyens exceptionnels de la Justice.
Cette proposition de loi tend à établir,
sur le modèle des pôles économiques et financiers, une procédure particulière
applicable en cas de catastrophe humaine liée aux transports.
L'article premier vise à créer au sein du tribunal de
grande instance (TGI) de Paris une section spécialisée et compétente pour les
affaires répondant aux trois critères suivants :
- l'accident est intervenu dans le
domaine des transports ;
- il a provoqué la mort d'un grand nombre
de personnes ;
- l'instruction et le jugement en sont
d'une grande complexité.
Le Procureur de la République près un TGI
est compétent pour requérir le juge d'instruction de se dessaisir au profit du
TGI de Paris s'il estime que ces trois conditions sont remplies. Sont également
définis les fonctionnaires qui peuvent être affectés à cette section
spécialisée.
L'article 2 ouvre une voie de recours contre
l'ordonnance du juge d'instruction par laquelle il se dessaisit.