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Texte de la
QUESTION :
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M. Jean-Pierre Blazy appelle l'attention de
M. le ministre des transports, de l'équipement, du tourisme et de la mer
sur la sécurité aérienne et le suivi des quarante propositions qui ont
été formulées en juillet par la mission d'information parlementaire « sur la
sécurité du transport aérien de voyageurs » suite au crash de
Charm-el-Cheikh. Ces propositions portaient sur des renforcements des
réglementations actuelles, internationales, européennes et nationales. Deux
ans après, il regrette le manque de suivi de ces recommandations. Il rappelle
l'initiative du Syndicat national des pilotes de ligne qui a saisi le
Président de la République en mars 2006 sur ce sujet afin de lui recommander
la nomination d'un ministre délégué à l'aviation. Après 2005, année noire
avec vingt-cinq accidents et plus de 600 victimes, il lui demande
s'il entend s'inspirer enfin des recommandations des parlementaires.
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Texte de la
REPONSE :
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Dans une lettre ouverte adressée au Président de la
République le 24 février 2006, le Syndicat national des pilotes de
ligne (SNPL) a laissé entendre que le Gouvernement français et les instances
européennes n'avaient pris aucune décision pour renforcer la sécurité des
vols à la suite de l'accident de Charm el-Cheikh intervenu en janvier 2004 et
des différents accidents de l'été 2005. De même, il n'aurait pas été donné de
suites concrètes aux propositions formulées en juillet 2004 par la mission
d'information de l'Assemblée nationale sur la sécurité du transport aérien de
voyageurs. L'ensemble de la lettre auquel il est fait référence semble
vouloir ignorer complètement toutes les évolutions qui ont eu lieu en matière
de sécurité aérienne au cours des deux dernières années, évolutions qui ont
pourtant fait l'objet de publications et de communications. Cela concerne
aussi bien les suites données au rapport de la mission d'information
parlementaire que les décisions et initiatives européennes et internationales
dans lesquelles la France, à nouveau particulièrement affectée par l'accident
de la
compagnie West Caribbean le 16 août 2005, a joué
un rôle d'entraînement majeur. Ainsi, la lettre adressée au Président de la République
affirme que l'Europe n'a pas su se doter d'un outil interdisant aux
compagnies qui ne respectent pas les règles minimales de sécurité d'accéder à
ses aéroports : or, tel est notamment l'objet du règlement communautaire
2111/05 en date du 14 décembre 2005, publié au Journal officiel des
Communautés européennes le 27 décembre 2005, qui prévoit
l'établissement d'une liste européenne unique de compagnies interdites du
territoire de l'Union européenne pour des raisons de sécurité. Une première
liste a d'ailleurs été publiée dès le 23 mars 2006 par un règlement
de la Commission européenne, elle a été modifiée depuis cette date à deux
reprises le 20 juin et le 12 octobre derniers. S'agissant
des 40 propositions contenues dans le rapport de la mission d'information
de l'Assemblée nationale de juillet 2004, celles-ci ont toutes fait l'objet
d'un examen attentif dès la parution du rapport. La très grande majorité des
propositions qui pouvaient être mises en oeuvre au plan national l'ont été.
De plus, le Gouvernement a pris des initiatives pour promouvoir celles qui
concernaient des actions de l'Union européenne ou de l'Organisation de
l'aviation civile internationale (OACI). Le Gouvernement continue par
ailleurs à soutenir celles qui ont été relayées par la Commission. Le
Gouvernement a également développé un plan d'actions
nationales, dont certaines ont anticipé des décisions européennes
ultérieures. La mise en oeuvre de ce plan s'est traduite par une augmentation
des moyens affectés aux contrôles sur les compagnies aériennes étrangères et
par des mesures d'information des citoyens sur la sécurité aérienne visant à
augmenter la transparence des actions prises, comme la publication par la
France dès fin août 2005 de la liste des compagnies aériennes autorisées par
les autorités françaises ainsi que de celle des compagnies aériennes
interdites d'exploitation, dans l'attente de la publication de la première «
liste noire » européenne intervenue le 23 mars 2006. Toujours au
plan national, le cadre législatif a par ailleurs été complété dans la loi
2006-10 sur la sécurité et le développement des transports du
6 janvier 2006, qui prévoit en particulier la publication des
suites données par la France aux recommandations faites par les organismes
d'enquêtes sur les accidents. Cette publication a été mise en oeuvre le
24 février 2006. La même loi transpose également au niveau français
l'obligation de la directive européenne (CE) 2003/42, qui demande à tous les
États d'établir une obligation de compte rendu systématique, par les
personnes et entreprises concernées, des événements de sécurité survenant
dans le transport aérien. Toutes ces mesures avaient été recommandées par la
mission parlementaire. De plus, un décret publié le 19 mars 2006 a
anticipé l'entrée en vigueur du règlement européen qui rend obligatoire la
communication aux passagers aériens du nom de la compagnie aérienne qui les
transporte effectivement. La mission avait également recommandé la séparation
fonctionnelle des activités de surveillance de la direction générale de
l'aviation civile de celles liées à son rôle de régulateur, ce qui a été fait
en 2005 dans le cadre d'une profonde réforme de cette administration. Par
ailleurs, dans le cadre de son action internationale, le Gouvernement avait
fait parvenir aux instances européennes le 10 novembre 2005 un
mémorandum pour le renforcement de la sécurité aérienne, dont le contenu
rencontre un certain nombre de recommandations du rapport de la mission
d'information parlementaire. Le Gouvernement a notamment proposé la mise en
place de règles et procédures applicables aux exploitants de pays tiers, en
conformité avec les normes et recommandations de l'OACI, et la création d'une
procédure de contrôle qui permettrait à l'Agence européenne de la sécurité
aérienne (AESA) de délivrer une attestation de sécurité à ces exploitants, à
l'instar de la « Part
129 » américaine. Suite à ce mémorandum, une proposition de la Commission
européenne dans ce sens est actuellement examinée par les instances du
Conseil, dans le cadre de la révision du règlement (CE) 1592-2002 qui a créé
l'agence européenne. Enfin, un certain nombre de recommandations de la
mission concernaient la mise en oeuvre d'une réglementation européenne
harmonisée dans les domaines des temps de service et de repos des équipages ;
cette réglementation, que la France a soutenue fermement depuis plusieurs
années, a fait l'objet d'un accord du Conseil et du Parlement européen et est
en cours d'adoption définitive. Le mémorandum du gouvernement français a
également servi de base à une action déterminée de la France et de l'Europe
auprès de l'OACI, à l'occasion de la conférence des directeurs généraux de
l'aviation civile sur la sécurité du transport aérien organisée par l'OACI du
20 au 22 mars 2006. Cette conférence a notamment obtenu une
communication plus large de l'OACI sur les audits de sécurité effectués par
cette organisation, ainsi qu'un mécanisme d'échange entre les Ëtats des
renseignements concernant les avions et leurs
exploitants. Elle a également convenu d'étudier la création d'un groupe
d'inspecteurs internationaux pour assister de façon plus efficace les Ëtats
qui n'ont pas les moyens suffisants. Le Gouvernement entend poursuivre sans
relâche ses efforts pour que, au sein des instances internationales, les profondes
évolutions qui ont été engagées se poursuivent dans l'intérêt de la sécurité
aérienne dans le monde.
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